|
La linguistique :
-
Science qui étudie la langue telle qu’elle est
-
Les linguistes ne sont ni préoccupés par la norme, ni par le bon
usage (auteur classique)
La
Grammaire :
-
C’est le bon usage
-
Elle est :
o
Normative : conforme à la norme, bon usage
(auteur classique)
o
Prescriptive : règles qui permettent de
distinguer bons et mauvais usages. Prescription d’usages à suivre via des
règles.
o
Curative : vient de curare : soigner. Elle
permet de respecter le bon usage en empêchant les tournures erronées.
La grammaire fonctionnelle
émane toujours d’une école de la linguistique. Pour comprendre où on va, il
faut savoir d’où on vient. Il faut une connaissance des a priori théorique
pour comprendre le nouveau programme et pour créer.
La linguistique est
historique et comparée, on se préoccupe de comparer des états anciens de
langues différentes. On établit des familles de langues : mêmes origines
(ex : les langues germaniques, slaves, romanes…). Elles remontent à un
étymon commun : le sanskrit (les langues indo-européennes). Les notions de
linguistique et de grammaire se confondent encore.
La langue n’est pas
étudiée pour elle-même, elle s’étudie pour sa culture, sa littérature…
Retour au
sommaire
F. de Saussure (début 20ème
- 1920), professeur de l’université de Genève qui a été publié par
deux de ses élèves.
Il révolutionne les études
de linguistique en définissant la langue comme une structure, comme un
ensemble d’éléments interdépendants. Il pratique une série de dichotomies
(2 aspects indissociables d’une réalité mais qui s’opposent), les
dichotomies « Saussurienne ».
Remarque :
-
Métalangue : langue propre à une discipline.
-
On ne peut définir un élément de la langue que par rapport à un autre
élément de la langue car la langue est un système, une structure.
Les dichotomies
« Saussurienne » :
L’axe synchronique et
l’axe diachronique ; le code oral et le code écrit ; l’axe paradigmatique et
l’axe syntagmatique ; la langue et la parole ; la langue et la langage.
Mais la liste de ces dichotomies n’est pas exhaustive, c’est un des
principes de base de Saussure.
1 – Axe synchronique –
Axe diachronique
Le principe d’immanence du Saussure :
La langue doit être étudiée en elle-même, par elle-même et pour elle-même.
-
En elle-même : on étudie la langue pour la langue, sur l’axe
synchronique (avec le temps, à un moment de son histoire sans se préoccuper
de l’évolution) et l’axe diachronique (pour le temps, avec une étude de
l’histoire).
-
Par elle-même : on étudie la langue avec la langue.
-
Pour elle-même : objet et outil d’approche de la linguistique se
confondent d’où il y a une ambiguïté.
2 - Le code oral – le
code écrit
Le code oral : l’oral n’est pas pris en compte
par la grammaire, il est seulement pris en compte par la linguistique.
Le code écrit : la norme, la grammaire.
Deux manières de s’exprimer très différentes, pour Saussure, l’oral est plus
important, il faut lui donner la primauté. Les études de linguistiques ne
concernent que la langue orale.
3 - Axe syntagmatique –
Axe paradigmatique
Axe syntagmatique : axe de la chaîne parlée (axe
linéaire). Tous les éléments qui commutent ensemble en un même point de
l’axe syntagmatique font partie de la même classe grammaticale. On peut
donc dire qu’une classe grammaticale est éphémère.
Exemple :

Les Enfants Jouent
à axe
syntagmatique
Des
Deux
Plusieurs
Ces
….
à axe
paradigmatique, liste non exhaustive – Classe des déterminants du nom
4 – La langue – La
parole
La parole actualise le code, elle fait passer la langue de l’état virtuel
(le code) à l’état réel (la parole). La langue : code, structure
d’éléments interdépendants. Réservoir de structures grammaticales dans
lequel on va puiser quand quelqu’un veut poser acte de parole.
5 – Le langage – La
langue
Le langage, c’est la faculté qu’à l’individu
d’exprimer ses idées, ses sentiments à travers un code qui est la langue.
Retour au
sommaire
Structuralisme
Saussure est le père du
structuralisme, attention, il existe autant de structuralistes que de
structuralismes. Les structuralistes arrivent donc après Saussure.
Ils décrivent la langue et la classent selon divers paramètres = Taxinomie.
C’est l’objectif des structuralistes. Ils éjectent le sens (trop
subjectif) de leurs travaux.
Retour au
sommaire
Après les
structuralistes, viennent les générativistes (l’initiateur est Chomsky), et
la grammaire (modèle de la compétence du sujet parlant) générative
transformationnelle (GGT).
Leurs objectifs sont
différents des précédents, ils veulent expliquer le fonctionnement de la
langue, celui-ci repose sur 2 fondements.
Les deux fondements
de la langue :
1 – Régularité des
langues – Universaux de langage :
Il n’y a pas de prédisposition à une langue ou à une autre, l’enfant est
capable de créer la grammaire, chaque individu a une connaissance innée des
structures grammaticales (structure mentale universelle qui lui permet de
créer la langue, le système linguistique dans lequel il se trouve).
-
Toutes les langues ont des lois communes et universelles, les
UNIVERSAUX DE LANGAGE.
-
Toutes les langues sont systématiques même si différentes, il n’y a
pas de langues pauvres, pas de langues riches.
-
Les langues sont en rapport avec la culture mais toutes répondent à
un principe d’organisation rigoureux et semblent posséder des principes
universels.
-
Tous les hommes ont la faculté innée du langage, les hommes possèdent
dans le cerveau des structures mentales universelles de la langue qui leur
permettent de construire le système linguistique particulier dans lequel ils
se trouvent.
-
Il n’y a là aucun lien avec l’intelligence, en effet, un singe a le
niveau intellectuel d’un enfant de 4 ans et ne parle pas alors que les
personnes atteintes de crétinismes, parlent avec un niveau intellectuel plus
bas que celui d’un enfant de 4 ans.
2 - Différence entre
compétence et performance
Compétence :
connaissance implicite de la langue. Le sujet parlant est capable de
distinguer le sens du non-sens, de former des phrases compréhensives, de
comprendre ce qu’il n’a jamais entendu et de prononcer des phrases qu’il
n’avait jamais prononcées.
La compétence est un
mécanisme fini qui est capable d’engendrer un nombre infini de phrases. Le
SP est créateur, mais cette créativité est gouvernée par les règles.
Performance :
utilisation réelle que l’on fait de la compétence. Attention, la
distraction, la fatigue, le niveau culturel modifient la performance. Le SP
est créateur, mais ici on peut trouver un autre type de créativité : celle
qui n’est pas gouvernée par les règles et qui intervient dans tous les
emplois ludiques de la langue (la poésie, les jeux de mots…).
Chomsky va rendre
explicite cette grammaire implicite que possède le sujet parlant, il essaie
de théoriser ce mécanisme implicite. Il ne s’occupe pas de la performance.
Il veut créer un modèle de la compétence du sujet parlant..
Parler, ce n’est pas
reproduire des schémas, c’est le mécanisme créateur chez Chomsky. Le sujet
parlant peut construire des phrases qu’il n’a jamais construites, il peut
comprendre des phrases qu’il n’a jamais entendues.
|
Règles de réécritures |
|
Règles « lexicales » de sous-catégorisation |
|
Règles « d’insertion lexicale » |
|
ß |
|
Structure profonde |
|
ß |
|
Transformation |
|
ß |
|
Structure de surface |
La phrase n’est pas un
objet d’étude mais un objet à construire.
Le générativisme est
une théorie purement abstraite. Les générativistes proposent une théorie
qui permet d’engendrer des phrases grammaticales et de rejeter les phrases
agrammaticales.
La grammaire comme on
l’enseigne encore à l’école, malgré le nouveau programme intégré qui est
basé sur la pragmatique, vient de la grammaire générative.
Retour
au sommaire
Comparaison entre Chomsky et
Saussure
|
Saussure |
Chomsky |
|
- Langue / Parole |
- Compétence
/Performance |
|
- Le sujet parlant
n’a pas de pouvoir sur la langue |
- Le sujet parlant a
la compétence de produire des discours |
|
- Unité de base = mot |
- Unité de base =
phrase
Remarque : le sujet
parlant n’a aucune réalité, c’est un archétype, c’est un sujet parlant
idéal.
|
Lyons a imaginé un schéma
de la communication.
A (locuteur)
Û
B (interlocuteur)
Canal de la communication (Air)
A B
y x z
-
A et B en tant qu’émetteur et récepteur sont interchangeables
-
Il faut que A et B aient une partie du code en commun.
-
x, y, z : référents situationnels (+/- contexte)
-
il
y a des bruits qui font perdre du sens
à
redondance (ex : nous parlons)
C’est un schéma
emprunté à Bell (téléphone), schéma linéaire où A et B sont les bornes.
Remarque : la
sémiologie : c’est une science qui étudie tous les moyens de communication
entre hommes et entre les animaux. Ex : langage sourd et muet, les
dauphins, code de la route… Donc la linguistique appartient à la
sémiologie.
Ce schéma sera modifié
fin des années 70 grâce aux travaux du Collège invisible de Palo-Alto (ils
forment un groupe cohérent mais ne travaillent pas ensemble dans un même
endroit…) qui intègre les travaux de l’ingénieur Wiener sur la cybernétique
(régulation des processus) : cela se traduira par la notion de rétro-action
(fees-back), le schéma devient donc circulaire et la définition de la
communication se modifieet devient : la communication est un processus
social permanent intégrant divers modes de comportement tels que la mimique,
les gestes, l’intonation, la position du corps…donc on ne peut pas ne pas
communiquer. La communication n’a pas de fin, la communication n’est pas
bornée. La communication n’est pas quelques chose de sûr.
Retour au
sommaire
L’école du fondement
3 ans à 14 ans : de la
maternelle jusqu’à la fin du premier cycle des secondaires.
Elle est organisée en
cycle, les personnes qui créent le programme du primaire et du premier cycle
de secondaire sont les mêmes de manière à garder une cohérence.
Notre programme intégré
vient de la pragmatique qui en plus d’être une linguistique est une
philosophie.
Retour au
sommaire
La pragmatique
Parler, c’est agir !
C’est faire aboutir une intention.
La pragmatique vient du
grec, pragma
qui signifie l’action. Issue de la linguistique de
l’énonciation de Bemeniste.
Pour les pragmaticiens :
-
parler signifie agir, faire aboutir une intention,
-
communiquer signifie faire aboutir des intentions.
- Exemple 1 : je
viendrai demain
On comprend chaque mot
mais on ne peut pourtant pas comprendre la phrase. En effet, on ne sait pas
quand cette phrase à été écrite, on ne sait pas par qui, ni avec quelle
intention…
Une même structure
grammaticale véhicule plusieurs énoncés, la promesse, la menace…selon
l’intention de communication qui est manifestée.
- Exemple 2 : le roi
est mort, vive le roi.
Niveau linguistique :
un roi ou deux rois ?
Niveau sémantique :
sens, contexte. On sait que Louis XIV vient de mourir et que Louis XV est
proclamé roi.
Niveau sens complet :
intention de la communication, la royauté continue, l’intention de
communication est compressé : il s’agit de proclamer la continuité du régime
monarchique. Le sens complet est au-delà de la phrase, dans l’énoncé, qui
implique, encore une fois, de connaître l’intention de communication.
Un énoncé est un acte
unique posé par un individu lorsqu’il veut faire passer, aboutir une
intention de communication. Parler, c’est agir, faire aboutir des
intentions.
Les conditions
d’énonciation :
-
l’intention du sujet parlant
-
l’histoire du sujet parlant
-
le contexte (situation de communication)
-
le cotexte (contexte linguistique)
La pragmatique s’oppose
donc aux structuralistes aux générativistes en ce qu’elle se centre sur le
SP.
La langue n’est pas
transparente. Chaque énoncé prend son sens suivant les conditions
d’énonciation. On construit le sens en interaction (locuteur –
interlocuteur).
On pratique
l’inférence, on fait des hypothèses.
Ex : Tu as de
l’argent ?
Cette phrase n’a pas le
même sens si c’est le fils ou le père qui la prononce.
Le code n’est
donc pas transparent,
Le message n’est
pas linéaire,
La phrase :
c’est un cadre étroit, une structure grammaticale peut rendre compte
d’énoncés différents,
L’énoncé :
cadre plus vaste, il demande les conditions d’énonciation, il est porteur
du sens.
Attention, il ne faut
pas confondre phrase et énoncé.
Les pragmaticiens
opèrent six ruptures principales avec les autres tendances.
1 – introduction du
sujet parlant
Avant : abstrait, référent théorique (Saussure,
structuralistes, Chomsky).
Ici : tout est centré
sur le sujet parlant (point de vue personnel, de son histoire, de ses
intentions). Faire aboutir une communication, la langue est l’outil de la
communication.
2 – La langue n’est
plus étudiée pour elle-même, mais comme outil de communication (principe
d’immanence)
Faire de la grammaire, c’est comprendre comment
l’enfant construit son moi. La construction du moi se traduit par la
langue. Comment l’enfant entre en relation avec le monde. La façon dont on
découvre le monde a un rapport avec la langue.
Apprendre une langue,
c’est apprendre à parler , apprendre une culture, des expressions…
Avant, c’était
apprendre des structures, des règles grammaticales.
3 – La grammaire =
Un moyen de communication
On étudie plus la grammaire pour la grammaire mais bien pour comprendre et
pour être capable de communiquer.
4 – Faire de la
grammaire = Faire du sens
Le grammairien c’est celui qui comprend comment
l’enfant entre en relation avec le monde.
Il faut construire les
étiquettes avec les enfants. Aller du concret vers l’abstrait. Le
professeur doit avoir une formation pointue en grammaire pour être tout le
temps opérationnel et ne plus donner des « leçons de grammaires » dont
l’objectif est la grammaire et non la communication.
5 – Introduction du
contexte et du cotexte
Pour faire du sens, il faut travailler sur des
textes, pas sur des phrases (cotexte) et dans des situations de vie
(contexte)
6 – L’apprentissage
ne peut être un conditionnement mais bien une socialisation
On apprend ensemble et chacun tire le meilleur de
l’autre.
Retour
au sommaire
|