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Qui est André Borbé...
Quelques récompenses :
Prix de la presse et du jury
au concours Eurosingers en 84 puis en
85 avec le groupe Kokogang,
prix "Liège, jeunes
et autres" organisé par la FNAC et le journal La Meuse en 88,
diplômé instituteur
maternel avec grande distinction en 89,
gagne le concours de
composition de chanson pour enfants organisé par la Province de Namur en 92,
mention spéciale du jury
des sélections "Chanson à l'école" de la Communauté française
pour le spectacle "Le secret de Cécile" en 93,
lauréat du concours de
nouvelles policières organisé par le Centre Culturel de Verviers en 95,
mention spéciale du jury
des sélections "Chanson à l'école" de la communauté française
pour le spectacle "Tous formidables" en 97,
Prix du jury du festival de
Cuba pour la chanson "C'est la musique" interprétée par Anaïs
Hennemont...
Interview d'André Borbé
Le 15 mars 2001
Reporter: Bonjour
André Borbé: Bonjour
R: D'où t'es venue ta passion de chanter pour les lardons ?
B: Et bien, je faisais de la musique bien avant d'être instituteur et de travailler avec des enfants, et donc, quand j'ai fait mes études, je me suis dit: "ce serait bien de faire les deux, c'est-à-dire ce qui me passionnait le plus: m'occuper
d'enfants et, à la fois, chanter, monter sur scène. Donc voilà, les choses sont liées et je dirais que je n'ai pas vraiment décidé de devenir chanteur pour les enfants, mais j'ai allié deux passions que j'avais depuis longtemps.
R: As-tu le même contact avec ton public qu'avec tes élèves dans ta vie d'instit?
B: Non, c'est différent, parce qu'avec les élèves que j'avais -
j'enseignais aux tout petits, en maternelle -, il y avait une proximité que je n'ai pas ici sur scène. Et puis, je dirais même que la scène, ça fausse un peu les rapports parce que les enfants, après le spectacle, ils demandent des autographes, ils ont l'impression que c'est quelqu'un qui vient d'une autre planète... Donc ça fausse les
rapports. Je ne vais pas dire que c'est gênant, mais ce n'est plus la même relation. Alors, j'apprécie particulièrement de retrouver cette relation directe et plus
simple. Quand j'en ai l'occasion, je passe dans les écoles, je fais des
ateliers. Et alors là, je retrouve cette espèce de proximité et de simplicité qui est vraiment agréable.
R: Dans tes chansons, de quoi parles-tu ?
B: Et bien, j'essaie d'éviter d'avoir des sujets qui soient vraiment spécifiquement des sujets qu'on pourrait dire "à enseigner". J'essaie d'avoir des choses du quotidien qui me touchent et qui donc, j'espère, pourront toucher d'autres personnes. Et surtout, j'essaie d'éviter que ça ait une connotation spécifiquement "chansons pour enfants". Donc, surtout, je voudrais que ça ne soit pas
"gnangnan", mais que ça soit de la chanson pour tous, et pour les enfants les plus grands en particulier, mais aussi pour les adultes etc.
R: Ne penses-tu pas que c'est trop dur de parler de ces
sujets-là ?
B: Non, moi je crois qu'on peut parler de tout et avec les enfants, c'est surtout la façon dont on dit les choses qui importe; je crois qu'il n'y a pas de sujets qui soient exclus ou tabous.
R: Quelle est ta chanson préférée parmi celles que tu as
inventées ?
B: En scène, une des chansons les plus amusantes à faire, c'est "Ecoute-toi" parce qu'il y a vraiment un répondant et on sent le public qui chauffe à ce moment-là; c'est un des points culminants du spectacle. Mais ma chanson préférée du dernier album, c'est: "Toutes petites vies". C'est la chanson où j'ai le mieux réussi à faire ce que j'avais en tête au départ.
R: Comment fait-on une chanson, quelles sont les étapes de sa fabrication?
B: De plus en plus, moi je pars de la musique : j'ai une mélodie qui me vient en tête avec quelques mots. Tout de suite, les deux sont associés. Et puis, quand j'ai cette espèce de climat, d'atmosphère, d'histoire, de début d'histoire, je travaille la musique. Je donne une structure, une forme qui ressemblent plus à une image, et après seulement, je travaille le texte.
Avant, c'était différent : je travaillais tout un texte, et puis seulement, je le mettais en musique. Attention, je ne cherche pas vraiment, je ne décide pas; les choses se font naturellement, comme ça. Le travail du texte est celui qui me demande le plus de temps, c'est vraiment celui sur lequel je planche le plus. Je suis très très lent. Je mets des mois pour terminer un texte, aussi parce que je ne travaille pas tout le temps, la musique vient beaucoup plus de l'inspiration. Mais le texte, c'est une petite idée au départ, et puis, du travail, du travail, du travail...
R: Et maintenant, peux-tu nous donner quelques conseils pour débuter?
B: Débuter dans la chanson ? C'est difficile de donner des conseils parce que je pense aussi que je suis au début du chemin. Je dirai qu'il faut faire à tout prix les choses que l'on a envie de faire et éviter les compromis, et pas forcément écouter l'avis des gens qui disent "Tu devrais faire plutôt comme ça si tu veux
mieux marcher, si tu veux avoir plus de public, si tu veux gagner plus d'argent. Fais ceci, fais cela...". Moi, je pense qu'il faut faire ce qu'on a envie, avec le plus de cœur possible, et un jour ou l'autre, si ce qu'on fait a de l'intérêt, le public le montre et le dit. Surtout, il ne faut pas se décourager. Ca met beaucoup, beaucoup de temps. Moi, je dis que je suis au début et pourtant, ça fait plus de huit ans que je fais ça; et sincèrement, je pense que je suis au début. Je vois seulement maintenant des pistes s'ouvrir; je vois un peu vers quoi je vais. Donc ça met vraiment du temps, mais ce n'est pas grave; ça laisse le temps de savoir qui on est et ce qu'on veut faire.
R: Donc, on peut résumer ça en disant que tu as encore de longues années devant toi!
B: Ah! j'espère bien, oui, bien-sûr! Absolument!
R: Et bien, merci André!
B: Merci aussi!
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